Ferdinand Porsche, the Heritage.

En cette fin d’année, l’Autoworld de Bruxelles fêtait 2 anniversaires : les 50 ans de la 911, mais aussi les 113 ans de véhicules hybrides chez Porsche. De la toute première Lohner-Porsche à la toute dernière 918 Spyder, l’exposition retrace l’épopée de la marque de Stuttgart en compétition.

La mise en scène est très sobre et élégante, permettant une vraie mise en valeur des modèles exposés. D’ailleurs, parlons-en. Plus de 45 véhicules, un nombre impressionnant de raretés issues de collections privées et du Porsche Museum. Concentrons-nous sur les quelques coups de cœur de l’exposition.

Porsche 917/30 Can Am  : les têtes pensantes de Stuttgart, prenant conscience de l’importance du marché américain, se mirent à la compétition aux USA, en Can Am plus précisément. Après quelques années de développement (917 PA, 917/10), nous voici en 1973. Les américains se moquaient de la 917/10, mais en 1973, ça riait jaune avec la 917/30. Le chassis de la 917/30 est une structure multi-tubulaire en alu qui abrite de chaque coté des caissons renferment les deux réservoirs d’essence d’un total de 400L, avec un empâtement rallongé de 17cm. Le moteur était le fameux flat 12 gavé par 2 énormes turbos, atteignant la puissance colossale de 1100cv pour plus de 1000Nm, pouvant atteindre 1580cv en qualifications, le tout dans une barquette d’à peine 850kg. Bilan des courses : 6 victoires d’affilé, championnat plié avant la fin de la saison, avec comme pilotes Mark Donohue et George Follmer. Les américains n’ayant pas digéré la pilule, décidèrent de restreindre les capacités de réservoir pour pénaliser les moteurs suralimentés.

Porsche 917-021 : cet exemplaire fait partie des 25 premières construites en 1969.Vendue en 1970 au team AAW. Après quelques bons résultats en début de saison 1970, arrivent les traditionnelles 24H du Mans. David Piper et Gijs van Lennep seront au volant. La course se déroule sous des trombes d’eau. Piper, alors 3ème, sort de la piste.  Après réparation, un pneu éclate suite au châssis abîmé et van Lennep abandonne. La réfection du châssis s’avère impossible dans un délai raisonnable, l’usine prélève dans le stock le châssis 012, piloté par Siffert, Ahrens, Rodriguez, accidenté à Daytona en 1969 lors d’essais privés. Tous les éléments mécaniques de la 021 seront remis dans la 012 et est renommée 021. Cette « nouvelle » 021 avec ses bouts d’ailes avant plus ronds -version 69 oblige- sera la seule 917 avec cette caractéristique. Elle acquiert sa livrée psychédélique suite à la location de Hans-Dieter Dechent, patron du team Martini, pour la course d’Interserie au Norisring, couleurs qu’elle perdit quelques mois plus tard pour l’Interserie à Keimola. En 1975, la voiture est restaurée et immatriculée. Après moult restaurations, elle retrouva ses couleurs psychédéliques et fit ses premiers tours de roues en 2011.

Auto Union Type A et Type C Streamliner : retour dans les années 30, époque où des pilotes tels que Nuvolari, Wimille, Stuck ou encore Rosemeyer ont écrit l’Histoire de la course automobile. En 1934 sortit la Type A, l’une des premières Silver Arrows (Flèches d’Argent), créée par la jeune marque Auto Union. Basée sur la Porsche P-Wagen, Ferdinand Porsche, alors ingénieur, décida de placer le moteur en position centrale arrière. Hans Stuck remporte alors 7 victoires en 1934. Tazio Nuvolari clôtura la carrière de la Type A à Tunis en 1935, de la plus belle des manières. Elle était mue par un V16 compressé de 4.3l développant environ 300cv et 530Nm de couple, le tout pesant 750kg.

En 1937, Auto Union mit au point une voiture extrêmement profilée, dans le but de battre le record de vitesse. Basée sur une Type C, avec laquelle Bernd Rosemeyer gagna le championnat européen, ce même duo pilote /machine parvint à passer la barre fatidique des 400km/h. Un an plus tard, le record sauta au profit de Mercedes et Rudolf Caracciola sur une W125 qui atteignit 432.36km/h.

L’exposition se tient au Parc du Cinquantenaire jusqu’au 19 Janvier 2014.